ACTUALITÉS

Revue SÈVRES N° 26

 

Le N° 26 de la revue annuelle SÈVRES, publication scientifique de référence en langue française consacrée à la céramique et aux arts du feu, est sortie de presse en septembre 2017. Elle est envoyée à tous les membres de la Société des Amis du musée national de Céramique à jour de cotisation.

Son sommaire est indiqué ci-dessous avec le résumé des articles des différents auteurs, qui couvrent les arts du feu depuis le Moyen Age jusqu’à la période contemporaine. La revue Sèvres contient également des rubriques d’information sur des publications concernant la céramique, ainsi que sur les acquisitions récentes du musée de Sèvres et les activités de la Société des Amis du musée.

  • « Céramiques de l’Iran médiéval prémongol (11ème-13ème s.) au musée national de Céramique à Sèvres : Réflexions sur l’origine et les ateliers de céramiques à pâte siliceuse », par Pierre Siméon

La diversité du repertoire de céramiques à pâte siliceuse, datées des 11ème-13ème siècles, découvertes en Iran et en Asie centrale, surprend toujours un large public. L’œil est d’abord attiré par la finesse de leurs parois puis par leurs couleurs turquoise et bleu cobalt. Le visiteur ignore généralement que ces céramiques, représentent une innovation technique et stylistique sans précédent dans l’ensemble du monde médiéval autour de l’an 1000. Les pièces complètes de la collection du musée national de Céramique à Sèvres permettent de questionner l’origine de cette technique et l’apport du monde islamique . Ce corpus permet également de proposer, à partir de nos recherches de terrain récentes,  un premier inventaire des ateliers ayant produit et commercialisé des pâtes siliceuses à l’Est de l’Orient médiéval.

  • « Deux plaques en terres cuites attribuées à Agostino De’ Fondulis récemment redécouvertes au musée national de Céramique à Sèvres », par Giancarla Cilmi

Redécouvrir une œuvre d’art dans les réserves d’un musée est toujours une expérience enrichissante pour un chercheur. C’est le cas de ces deux plaques en terre cuite provenant d’un palais lombard et datables du 15ème siècle. Une nouvelle pierre vient ainsi s’ajouter à la connaissance de la collection du musée national de Céramique à Sèvres.

  • « Au sujet des lettres-dates des porcelaines de Vincennes et de Sèvres, plaidoyer pour des publications claires », par Pierre Gregory

Pierre Gregory a joué un rôle pionnier et décisif dans la remise en cause de la datation des lettres-dates donnée par Riocreux et ses publications ont été novatrices. À la suite des interrogations de Rosalind Savill sur la date d’apparition du fond rose, on avait admis que les lettres-dates changeaient en cours d’année. David Peters, dans l’article publié en 2015 dans la revue « Sèvres » N° 24, a démontré que ces lettres correspondaient à une année civile, repoussant d’un an la date de Riocreux. Dans un esprit d’ouverture, la revue « Sèvres » ouvre ses colonnes aux approches différentes formulées par des auteurs reconnus. C’est pourquoi, après l’article très complet de M. Peters, nous publions la réaction de M. Gregory.

  • « La restauration des Animaux de Meissen au musée national de Céramique à Sèvres : un moment privilégié de la connaissance des œuvres », par Laure Chambert-Loir

La collection des « Animaux de Meissen » conservée à Sèvres constitue un ensemble remarquable à plus d’un titre. La restauration des trois oiseaux réalisée au sein de l’atelier de restauration du musée de septembre 2015 à mars 2016 permet d’augmenter la connaissance sur les plans historique et technologique de ces sculptures de porcelaine monumentales comptant parmi les toutes premières réalisations en porcelaine dure européenne.

  • « A la Cour des Bourbons de Naples : le Dessert per 60 coverti », par Angela Caròla-Perrotti

Un document daté 1830 a permis de retrouver un grand « Dessert » réalisé par la « Real Fabbrica Ferdinandea » autour de 1785 pour le roi Ferdinand IV de Bourbon. L’ensemble, d’un total de 114 biscuits, tous repérés dans les réserves du musée national de Capodimonte, a fourni l’occasion de tenter la reconstruction du seul « Dessert » napolitain ayant survécu aux bouleversements politiques, l’unique arrivé jusqu’à nos jours dans son intégrité.

  • « À propos d’un autre buste représentant un céramiste de la dynastie Fouque … », par Marie-Germaine Beaux-Laffon

À la lecture de l’article paru en 2015 dans le N° 24 de la revue « Sèvres », « A propos d’un buste retrouvé de Joseph-Jacques Fouque… » faïencier à Toulouse, Mme Bernadette de Rességuier, ancienne conservatrice du musée de Moustiers-Sainte-Marie, s’est souvenue d’un buste en terre cuite de même facture exposé dans l’entrée du musée et maintenant dans les réserves. La confrontation de ces deux bustes soulève quelques questions : d’où vient cet autre buste, quelles affinités et différences entre les deux, qui est représenté et par quel sculpteur ?

  • « Le service de dessert aux costumes russes de la manufacture impériale : un exemple de porcelaine patriotique », par Tamara Nossovich

Cette étude est consacrée à l’un des plus importants services de table produits par la manufacture impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg, illustrant les costumes, paysages et mœurs de toutes les populations de l’empire russe. Il fut commandé en 1809 et sa mise en œuvre dura quinze ans en raison de la quantité des formes nouvelles, en partie inspirées de modèles français, de l’importance des scènes peintes dont l’auteur étudie les sources, et des ornements dorés. L’histoire du service dans les collections impériales puis nationales complète cet examen.

  • « Les émaux bressans à leur apogée, de la seconde moitié du 19ème siècle au premier quart du 20ème siècle », par Aurélie Faivre

Les émaux bressans connaissent leur apogée entre la seconde moitié du 19ème siècle et le premier quart du 20ème siècle. Localisée en Bresse de l’Ain, leur fabrication reste immuable. Leurs origines stylistiques et historiques restent floues. À partir des années 1850, les sources écrites les évoquant et le nombre de bijoutiers les fabriquant s’accroissent ; la maison Bonnet-Decourcelles, objet d’une « mythorigine », se distingue. Les émaux bressans répondent aux valeurs culturelles d’une société éclectique, séduisant surtout une clientèle aisée et citadine. Ils sont portés aux nues lors des expositions universelles.

  • « Alfred Le Chatelier et l’Atelier de Glatigny », par Paul Arthur

Alfred Le Chatelier qui eut une carrière riche et variée s’intéressa à un moment de sa vie à la céramique. Il est le fondateur d’une entité peu connue, l’Atelier de Glatigny dont l’existence fut brève (1897-1902) mais très ambitieuse, tant sur le plan de la technique grâce à l’aide de chimistes éminents que sur celui de l’objectif : proposer une production de grès et de porcelaine de haute qualité à des prix accessibles. Les céramistes de cet atelier ont choisi de rester anonymes. Pour certains d’entre eux, il est proposé quelques noms possibles

  • « Les vases de Sèvres et de Gallé montés par Cardeilhac, Arts du feu et orfèvrerie autour de 1900 », par Anne Gros

La monture de vases d’ornement connaît un renouveau certain à la fin du 19ème siècle. Les vases de Sèvres et d’Emile Gallé montés par l’orfèvre Ernest Cardeilhac autour de 1900 illustrent cette évolution en France, à la période de l’Art nouveau, et comptent parmi les exemples les plus aboutis de cette spécialité. Ils  témoignent de l’excellence atteinte par les métiers d’art à cette époque et de la communion de pensée qui lie céramiste, verrier et orfèvre. Nous nous proposons d’en étudier quelques-unes  en nous appuyant sur le fonds de dessins Cardeilhac conservé par le musée Bouilhet Christofle, en y sélectionnant les pièces dont l’existence est documentée par ailleurs.

  • « Dubuffet et la manufacture de Sèvres : le rêve inachevé », par Anne-Marie Suire

Deux plaques de porcelaines de Sèvres récemment retrouvées dans des collections privées permettent de retracer une collaboration jusqu’ici méconnue : celle d’un des plus grands artistes du XXème siècle, Jean Dubuffet, avec la manufacture nationale de Sèvres.

  • « Ors et décors. Les dépôts de la manufacture de Sèvres au palais de l’Élysée », par Soazig Guilmin

Dès 1848 et l’avènement de la IIème République, la manufacture de Sèvres a déposé nombre d’œuvres pour les tables de la présidence et la décoration des salons du palais de l’Élysée. Ces vastes ensembles s’inscrivent dans deux logiques concomitantes : la perpétuation des décors hérités du passé et la recherche de la modernité.

  • « L’épopée des donations Pierre Jourdan-Barry depuis 1996 », par Jean-Gabriel Peyre

Pour nos musées, Pierre Jourdan-Barry fut au 20ème et au début du 21ème siècle, le plus grand donateur de céramiques françaises. Ses dons touchent la faïence et la porcelaine de Marseille et la faïence de Moustiers exclusivement. Il nous a quittés le 21 mars 2016.