Exhibitions of the year 2006

De l’immense au minuscule. Virtuosité, dînette et vaisselle d’ogre.

Exposition clôturée le 26 juin 2006

Exposition organisée par le musée national de Céramique, Sèvres, avec le concours de la Réunion des musées nationaux.

Si la virtuosité des formes, des couleurs et des matériaux, maintes fois vantées, sont les critères d’appréciation traditionnels de la céramique, cette exposition s’attache à montrer comment les artistes savent créer des pièces de céramique dont les dimensions surprenantes deviennent une ressource expressive. Cet autre aspect de la virtuosité est à l’origine d’objets improbables par leur mesure ou démesure, par leurs usages aussi, souvent inattendus, depuis l’Antiquité grecque jusqu’à nos jours.

Présentés côte à côte, le grand et le petit jalonnent un parcours qui s’ouvre sur de grands cratères des colonies grecques du IVème siècle avant J.-C. confrontés à de petits vases à parfum, fabriqués à Corinthe entre 650 et 680 environ avant J.-C. L’exposition se poursuit avec des terres vernissées pour le Moyen Âge, et, pour la Renaissance, avec des faïences de Florence (Vierge de l’atelier des Della Robbia) et de Pesaro (des Madones).

Au XVIIème siècle, les compagnies des Indes orientales assuraient l’importation en Europe, par cargaisons entières, de vases en porcelaine de Chine. Servant de lest pour assurer la stabilité des navires, plats, jattes, bols et soucoupes, toutes ces formes empilables et répétitives devinrent des objets de collection.

Entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, l’accumulation de ces objets se faisait dans un but purement décoratif qui prit notamment la forme de « broderies murales » en porcelaine de Chine et en faïence de Delft. Pour illustrer cette période, le musée a emprunté de nombreuses pièces à l’étranger. Notamment une boiserie dorée de près de 4 mètres de hauteur, avec ses consoles garnies de vases de porcelaine de Chine (Gemeente Museum, La Haye), 50 vases miniatures en porcelaine de Chine (collection particulière, Haarlem), un ensemble de 36 minuscules faïences de Delft et leur armoire (collection particulière, Delft), ou encore les 106 vases de toutes tailles du Palais Zwinger à Dresde, qui serviront à la reconstitution d’un mur entier de porcelaine à la manière du Palais japonais à Dresde.

Au XVIIIème siècle, la Manufacture de Sèvres est la première à organiser sa production en fonction de la taille des objets, de la plus grande dite « première grandeur » à la plus petite dite « cinquième grandeur ». Aussi bien les tasses et soucoupes, les statuettes et les biscuits sont-ils regroupés selon leurs tailles dans l’exposition.

Quant au XIXème siècle, il a multiplié les vases immenses, d’abord fabriqués en plusieurs éléments, puis d’une seule pièce grâce à de nouvelles techniques. L’exposition est l’occasion de remonter le plus grand vase de porcelaine du monde : le Vase de Neptune, créé par la Manufacture de Sèvres en 1867 puis démonté en 1920. Les Expositions Universelles ont suscité la création de véritables concours où étaient présentés des plats et des soupières dignes d’un ogre.

L’immense et le minuscule n’échappent pas au sens de la dérision de certains artistes contemporains, comme on peut le constater avec le tondo en lave peint par Alechinsky (diamètre : 1,30 m), ou avec l’assiette (diamètre : 1 m) en porcelaine dure de Deshoulières, faite à la gloire du festival de Cannes vers 1995, ou le service de table miniature, en terre mêlée de Sylvie Saint-André-Perrin fabriqué pour l’occasion.

Un grand nombre de dînettes est emprunté pour l’exposition qui leur consacre à ce titre un espace spécifique. En pièce maîtresse vient la première dînette réalisée par la Manufacture nationale de Sèvres, non loin du service de table qui lui a servi de modèle : le service riche de la reine Marie-Antoinette.

Outre le service riche, en contre-point de l’immense et du minuscule, l’exposition présente un autre service de table prestigieux : jusqu’au 20 mars 2006 le service Razoumovsky (1767, Fondation Rothschild), célèbre pour son décor d’oiseaux sur fond bleu céleste; il a été exposé à Sèvres de façon tout à fait inédite car il n’était jamais sorti du Waddesdon Manor où il est conservé. Depuis le 22 mars 2006, est présenté le service en porcelaine de Sèvres du comte de Sartine.

Catalogues de l’exposition en vente à la boutique du Musée national de Céramique :

“De l’immense au minuscule. La virtuosité en céramique”

Editions de la Réunion des Musées Nationaux

Paris – 2005

Prix : 35 €

“Le service Razoumovski – Un cabinet de curiosités sur porcelaine”

Editions de la Réunion des Musées Nationaux

Paris – 2005

Prix : 15 €

Cet ouvrage existe également en version anglaise.

Le service Razoumovski en porcelaine de Sèvres

Exposition clôturée en mars 2006

Du 23 novembre 2005 au 20 mars 2006

Le magnifique service bleu céleste à décor d’oiseaux en porcelaine tendre de Sèvres commandé par le comte Cyril Razoumovski en 1767 a été acquis par le baron Ferdinand de Rothschild au 19ème siècle. Il appartient aujourd’hui aux collections du Waddesdon Manor en Grande Bretagne où il a repris sa place à l’issue d’un prêt exceptionnel pour être présenté au Musée national de Céramique de Sèvres dans le cadre de l’exposition “De l’immense au minuscule. Virtuosité, dînette et vaisselle d’ogre”.

Catalogue en vente à la boutique du Musée national de Céramique de Sèvres au prix de 15 € :

“Le service Razoumovski – Un cabinet de curiosités sur porcelaine”

Editions de la Réunion des Musées Nationaux

Paris – 2005

Cet ouvrage existe également en version anglaise.